lundi 16 octobre 2017


Il suffit d’un mot
Pour traverser le silence,
D’une vague perdue
Pour entrevoir la mer.

Il suffit d’une épine
Pour connaître la rose,
D’une entaille de lumière
Pour que s’ouvre la nuit.

Il suffit d’une vie
Pour atteindre la mort,
D’un seul geste d’amour
Pour toucher l’infini.

Jean-Marie La Frenière


lundi 2 octobre 2017


Les éclairs ouvrent des plaies, un écrin d’enluminures.
Reflets zinzolins de l’aurore, devant.
A un moment il ne reste que la fuite, se dissimuler.
Fixer des silences, des pauses, masquer le tumulte, l’arrogance, la brutalité du monde.
(...)
Écriture penchée des nuages.
(...)
Ce n’est pas un départ, mais une suite.
Présence, présence seule.
Tisser les mots, le silence et les notes de la pluie.
Tisser tout fragment de l’univers.
On ne construit pas de palais sur la mer.
Ce sont pourtant les seuls visibles, le réel un rideau de fumée.

Raymond Alcovère, extrait de L'aube a un goût de cerise, N&B éditions, 2010




lundi 25 septembre 2017

Lui : - Est-ce une idée, ou est-ce qu'il y a comme un bruit dans le fond de l'air?
Elle s'est retournée et le regarde.
Ses cheveux sont pleins de cigales.
Elle a l'air de revenir de je ne sais quelle Afrique,
d'une sorte de désert gardé par les Maures dans des manteaux blancs.


Louis Aragon


Dessin Sara Herranz©





lundi 18 septembre 2017

Ne te retourne plus
le soleil est désormais
l’ombre de ta vie

Ne t’arrête pas
ce feu tranquille brûlerait
tes dernières forces

Ne dors que debout
pour entendre encore
l’histoire qui tremble


Jean-Marie Berthier - " Ne te retourne plus"
Gif Net





lundi 4 septembre 2017



j’efface avec volupté
l’œil qui a déjà vu
les lèvres qui ont déjà embrassé
et le cerveau qui a déjà pensé
telles des allumettes
qui ne servent qu’une seule fois
Tout doit être réinventé

Ghérasim Luca
Photo Siausiau Susiki©



mardi 8 août 2017

Toute vie qui doit poindre
achève un blessé.
Voici l'arme,
rien,
vous, moi, réversiblement
ce livre,
et l'énigme
qu'à votre tour vous deviendrez
dans le caprice amer des sables.

René Char




vendredi 21 juillet 2017


Tu manques, si tu savais.
Tu manques à chaque instant. 
Chaque geste est incomplet. 
Chaque mot prononcé rencontre un silence. 
Chaque lieu traversé est vide de ton corps. 
Chaque regard est aveugle. 
Chaque minute est une morsure, un regret.

Philippe Besson

Photo M@claire©
Musée Rodin - Juillet 2017
Le Baiser