lundi 4 décembre 2017


Le blog sera en silence tout le mois de décembre 

Retour en Janvier 2018 

D'ici là passez de Bonnes Fêtes de fin d'année
Prenez soin de vous

Merci de votre fidélité 


mardi 28 novembre 2017



Quand mon amie t’a donné les fruits verts et amers du margousier,
Tu as dit gentiment qu’il s’agissait d’un morceau de jagré*.
Quand elle te donne l’eau fraîche du mois de thai
Puisée à une source sur la colline de Paari,
Tu dis que c’est une eau chaude qui n’a pas bon goût.
Galant homme, c’est parce que tu ne l’aimes plus.


 Milai Kandhan


lundi 20 novembre 2017


Puisses-tu garder au vent de ta branche tes amis essentiels.

René Char



lundi 13 novembre 2017

Dans les rues de la ville il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus ; qui au juste l'aima ?

Il cherche son pareil dans le vœu des regards.
L'espace qu'il parcourt est ma fidélité.
Il dessine l'espoir et léger l'éconduit.
Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. 
À son insu, ma solitude est son trésor.
Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse.

Dans les rues de la ville il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus ; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas ?

René Char
Photo Roger Viollet©  - René Char en 1943 




lundi 6 novembre 2017

Il faut beaucoup aimer la Bretagne
Beaucoup, beaucoup. 
Beaucoup l'aimer pour l'aimer.
Sans cela, ce n'est pas possible, on ne peut pas la supporter

Marguerite Duras été 1980, Lorient




mercredi 1 novembre 2017



Lettre à un ami aimé :

Je ne saurais pas changer mon regard sur toi, il faudrait que je sois, non pas une autre créature, mais une composante du règne végétal ou minéral. La mer me sépare des rivages, mais l’affection est inséparable de la vie. Quelle différence y a-t-il entre affection et amour ? Les mots oscillent, et je sais ceci : si tu étais ici, je n’aurais pas peur de mourir. Aimer passionnément au moment de mourir. Peut-il y avoir un départ plus radieux ?
Lorsque j’écris, je prends sur le temps qui te concerne. Tout le temps qui m’a été imparti te concerne. Toutes les lignes de ce journal sont vouées à l’amour, bien que je les dévie de leur vocation, comme je me détourne des assauts de la mémoire. J’ai recréé le silence afin de ne pas te nommer, en aucune occasion, même lorsque je suis seule. En chemin, j’ai appris à le savoir : l’amour ne se livre pas directement. Il se nourrit et se développe seul et il meurt à l’écart. Il est entraîné par les montées et les descentes du désir et ensuite abandonné comme un mendiant.(…) J’emploie tu sur cette feuille comme si j’allais l’introduire dans une enveloppe et te l’adresser. Mais à la dernière minute, je me rétracte, je ne t’adresserai pas cette lettre. Il ne s’agit plus, maintenant, de répondre aux tiennes : il s’agit de parler avec les dieux. Mouvement par désir de Dieu. Par désir, par désir. Mais je l’avoue : c’est à toi que j’adresse le cours infini de mon chant.

Silvia Baron Supervielle© - Éditions Gallimard, 2009


Photo Maurice Tabard©


lundi 16 octobre 2017


Il suffit d’un mot
Pour traverser le silence,
D’une vague perdue
Pour entrevoir la mer.

Il suffit d’une épine
Pour connaître la rose,
D’une entaille de lumière
Pour que s’ouvre la nuit.

Il suffit d’une vie
Pour atteindre la mort,
D’un seul geste d’amour
Pour toucher l’infini.

Jean-Marie La Frenière